• Les 3 portes de la sagesse

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    Un Roi avait pour fils unique un jeune Prince courageux, habile et intelligent. Pour parfaire son apprentissage de la Vie, il l ’envoya auprès d’un Vieux Sage. "Éclaire-moi sur le Sentier de la Vie", demanda le Prince.<o:p></o:p>

    "Mes paroles s’évanouiront comme les traces de tes pas dans le sable, répondit le Sage. Cependant je veux bien te donner quelques indications. Sur ta route, tu trouveras 3 portes. Lis les préceptes indiqués sur chacune d’entre elles. Un besoin irrésistible te poussera à les suivre. Ne cherche pas à t’en détourner, car tu serais condamné à revivre sans cesse ce que tu aurais fui. Je ne puis t’en dire plus. Tu dois éprouver tout cela dans ton cœur et dans ta chair. Va, maintenant. Suis cette route, droit devant toi."<o:p></o:p>

    Le Vieux Sage disparut et le Prince s’engagea sur le Chemin de la Vie.<o:p></o:p>

    Il se trouva bientôt face à une grande porte sur laquelle on pouvait lire "CHANGE LE MONDE".

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    "C’était bien là mon intention, pensa le Prince, car si certaines choses me plaisent dans ce monde, d’autres ne me conviennent pas." Et il entama son premier combat. Son idéal, sa fougue et sa vigueur le poussèrent à se confronter au monde, à entreprendre, à conquérir, à modeler la réalité selon son désir. Il y trouva le plaisir et l’ivresse du conquérant, mais pas l’apaisement du coeur. Il réussit à changer certaines choses mais beaucoup d’autres lui résistèrent.<o:p></o:p>

    Bien des années passèrent. Un jour il rencontra le Vieux Sage qui lui demande : "Qu’as-tu appris sur le chemin ?"<o:p></o:p>

    "J’ai appris, répondit le Prince, à discerner ce qui est en mon pouvoir et ce qui m’échappe, ce qui dépend de moi et ce qui n’en dépend pas". "C’est bien, dit le Vieil Homme. Utilise tes forces pour agir sur ce qui est en ton pouvoir. Oublie ce qui échappe à ton emprise." Et il disparut.<o:p></o:p>

    Peu après, le Prince se trouva face à une seconde porte. On pouvait y lire "CHANGE LES AUTRES".

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    "C’était bien là mon intention, pensa-t-il. Les autres sont source de plaisir, de joie et de satisfaction mais aussi de douleur, d’amertume et de frustration." Et il s’insurgea contre tout ce qui pouvait le déranger ou lui déplaire chez ses semblables. Il chercha à infléchir leur caractère et à extirper leurs défauts. Ce fut là son deuxième combat.<o:p></o:p>

    Bien des années passèrent. Un jour, alors qu’il méditait sur l’utilité de ses tentatives de changer les autres, il croisa le Vieux Sage qui lui demanda : "Qu’as-tu appris sur le chemin ?" "J’ai appris, répondit le Prince, que les autres ne sont pas la cause ou la source de mes joies et de mes peines, de mes satisfactions et de mes déboires. Ils n’en sont que le révélateur ou l’occasion. C’est en moi que prennent racine toutes ces choses." "Tu as raison, dit le Sage. Par ce qu’ils réveillent en toi, les autres te révèlent à toi-même. Soit reconnaissant envers ceux qui font vibrer en toi joie et plaisir. Mais sois-le aussi envers ceux qui font naitre en toi souffrance ou frustration, car à travers eux la Vie t’enseigne ce qui te reste à apprendre et le chemin que tu dois encore parcourir." Et le Vieil Homme disparut.<o:p></o:p>

    Peu après, le Prince arriva devant une porte où figuraient ces mots "CHANGE-TOI TOI-MÊME".<o:p></o:p>

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    "Si je suis moi-même la cause de mes problèmes, c’est bien ce qui me reste à faire," se dit-il. Et il entama son 3ème combat. Il chercha à infléchir son caractère, à combattre ses imperfections, à supprimer ses défauts, à changer tout ce qui ne lui plaisait pas en lui, tout ce qui ne correspondait pas à son idéal.<o:p></o:p>

    Après bien des années de ce combat où il connut quelque succès mais aussi des échecs et des résistances, le Prince rencontra le Sage qui lui demanda : Qu’as-tu appris sur le chemin ?"<o:p></o:p>

    "J’ai appris, répondit le Prince, qu’il y a en nous des choses qu’on peut améliorer, d’autres qui nous résistent et qu’on n’arrive pas à briser." "C’est bien," dit le Sage. "Oui, poursuivit le Prince, mais je commence à être las de ma battre contre tout, contre tous, contre moi-même. Cela ne finira-t-il jamais ? Quand trouverai-je le repos ? J’ai envie de cesser le combat, de renoncer, de tout abandonner, de lâcher prise."<o:p></o:p>

    "C’est justement ton prochain apprentissage, dit le Vieux Sage. Mais avant d’aller plus loin, retourne-toi et contemple le chemin parcouru." Et il disparut.<o:p></o:p>

    Regardant en arrière, le Prince vit dans le lointain la 3ème porte et s’aperçut qu’elle portait sur sa face arrière une inscription qui disait "ACCEPTE-TOI TOI-MÊME."<o:p></o:p>

    Le Prince s’étonna de ne point avoir vu cette inscription lorsqu’il avait franchi la porte la première fois, dans l’autre sens. "Quand on combat on devient aveugle, se dit-il." Il vit aussi, gisant sur le sol, éparpillé autour de lui, tout ce qu’il avait rejeté et combattu en lui : ses défauts, ses ombres, ses peurs, ses limites, tous ses vieux démons. Il apprit alors à les reconnaitre, à les accepter, à les aimer. Il apprit à s’aimer lui-même sans plus se comparer, se juger, se blâmer.<o:p></o:p>

    Il rencontra le Vieux Sage qui lui demanda : "Qu’as-tu appris sur le chemin ?"<o:p></o:p>

    "J’ai appris, répondit le Prince, que détester ou refuser une partie de moi, c’est me condamner à ne jamais être en accord avec moi-même. J’ai appris à m’accepter moi-même, totalement, inconditionnellement."<o:p></o:p>

    "C’est bien, dit le Vieil Homme, c’est la première Sagesse. Maintenant tu peux repasser la 3ème porte."<o:p></o:p>

    A peine arrivé de l’autre côté, le Prince aperçut au loin la face arrière de la seconde porte et y lut "ACCEPTE LES AUTRES".<o:p></o:p>

    Tout autour de lui il reconnut les personnes qu’il avait côtoyées dans sa vie ; celles qu’il avait aimées comme celles qu’il avait détestées. Celles qu’il avait soutenues et celles qu’il avait combattues. Mais à sa grande surprise, il était maintenant incapable de voir leurs imperfections, leurs défauts, ce qui autrefois l’avait tellement gêné et contre quoi il s’était battu.<o:p></o:p>

    Il rencontra à nouveau le Vieux Sage. "Qu’as-tu appris sur le chemin ?" demanda ce dernier. J’ai appris, répondit le Prince, qu’en étant en accord avec moi-même, je n’avais plus rien à reprocher aux autres, plus rien à craindre d’eux. J’ai appris à accepter et à aimer les autres totalement, inconditionnellement."<o:p></o:p>

    "C’est bien," dit le Vieux Sage. C’est la seconde Sagesse. Tu peux franchir à nouveau la deuxième porte.<o:p></o:p>

    Arrivé de l’autre côté, le Prince aperçut la face arrière de la première porte et y lut "ACCEPTE LE MONDE". Curieux, se dit-il, que je n’aie pas vu cette inscription la première fois. Il regarda autour de lui et reconnut ce monde qu’il avait cherché à conquérir, à transformer, à changer. Il fut frappé par l’éclat et la beauté de toute chose. Par leur perfection. C’était pourtant le même monde qu’autrefois. Etait-ce le monde qui avait changé ou son regard ?<o:p></o:p>

    Il croisa le Vieux Sage qui lui demanda. "Qu’as-tu appris sur le chemin ?"<o:p></o:p>

    "J’ai appris, dit le Prince, que le monde est le miroir de mon âme. Que mon âme ne voit pas le monde, elle se voit dans le monde. Quand elle est enjouée, le monde lui semble gai. Quand elle est accablée, le monde lui semble triste. Le monde, lui, n’est ni triste ni gai. Il est là ; il existe ; c’est tout. Ce n’était pas le monde qui me troublait, mais l’idée que je m’en faisais. J’ai appris à accepter sans le juger, totalement, inconditionnellement."<o:p></o:p>

    C’est la 3ème Sagesse, dit le Vieil Homme. Te voilà à présent en accord avec toi-même, avec les autres et avec le Monde." Un profond sentiment de paix, de sérénité, de plénitude envahit le Prince. Le Silence l’habita.<o:p></o:p>

    "Tu es prêt, maintenant, à franchir le dernier Seuil, dit le Vieux Sage, celui du passage du silence de la plénitude à la Plénitude du Silence".<o:p></o:p>

    Et le Vieil Homme disparut.<o:p> </o:p>


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  • Mes frères                                      

     

    Mes Frères,

    N'oublions jamais que l'Amour fraternel est la base, la pierre angulaire, le ciment et la gloire de notre vieille confrérie.
    Que nos coeurs se rapprochent en même temps que nos mains.
    Que l'Amour fraternel unisse tous les maillons de cette chaîne formée librement par nous. 
    Comprenons la grandeur et la beauté de ce rite ancestral,
    Pénétrons-nous de son sens profond.
    Les chroniques mystérieuses d'Alchimia Magazine
    Cette chaîne nous unit à tous nos Frères heureux ou malheureux répandus sur la surface de la Terre. En elle sont toujours présents ceux qui la formaient hier.
    Qu'elle soit l'emblème de la Tradition que nous avons régulièrement reçue, que nous maintenons sans faillir,
    Et que nous transmettons dans sa plénitude aux générations à venir.


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  • Les chroniques mystérieuses d'Alchimia MagazineA la Gloire du Grand Architecte de             l'Univers

                         

     

     Le Grand Architecte fait référence au principe créateur et ordonnateur de l’univers, à la force qui géométrise, qui ordonne ou qui a ordonné le chaos.

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    Cela dit le GADLU est un symbole comme tout ce qui est dans le temple et comme symbole, il parle à chaque frère en fonction de sa sensibilité.

    Ainsi, l’interprétation du terme de Grand Architecte est laissée à l’appréciation de chacun.

    C’est volontairement un symbole très libre que chacun peut interprèter.

    Les Maçons peuvent, dans leur fort intérieur, appeler le Grand Architecte Dieu, Élohim, Principe Créateur, Etre Suprême...

                               

    A.L.G.D.G.A.D.L.U.


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  •        

     

     

      L'Abbé Pierre (sources Emmaus)                                                                            

           Né le 5 août 1912 à Lyon et mort le 22 janvier 2007 à Paris, est un prêtre catholique français, résistant puis député, fondateur des Compagnons d'Emmaüs (organisation caritative laïque destinée à aider les pauvres, exclus et réfugiés) et de la Fondation Abbé Pierre pour le logement des défavorisés. Des sondages l'ont désigné dix-sept fois « personnalité préférée des Français » de 1989 à 2003.

                              

    Biographie

    Marie Joseph Henry Henri Grouès est né le 5 août 1912 à Lyon (IVe) dans une famille bourgeoise aisée et pieuse de négociant en soie lyonnais, originaire, du côté paternel, du hameau de Fouillouse en Saint-Paul-sur-Ubaye, village le plus haut des Alpes-de-Haute-Provence situé au fond de la vallée de l'Ubaye, et de Tarare dans le Rhône du côté maternel. Il est le cinquième de huit enfants. Il a été baptisé à l'église Saint-Eucher, dans le 4e arrondissement de Lyon. Il passe son enfance à Irigny, près de Lyon. À 12 ans, il accompagne son père à la confrérie séculaire des Hospitaliers veilleurs, où les bourgeois se font coiffeurs barbiers pour les pauvres.

    Il fit partie des scouts de France, dans lesquels il fut totémisé « Castor méditatif ». En 1928 à 16 ans, après un « coup de foudre avec Dieu » selon ses propres mots, il veut entrer dans les ordres franciscains, cependant il devra attendre d'avoir 17 ans et demi. À ce sujet il déclara « On me disait beau gosse, peut-être même un peu mondain, pourtant, le lendemain je serai moine. »

    Entrée dans les ordres

    En 1931, il fait profession chez les capucins où il prononce ses vœux. Il renonce cette année-là à sa part du patrimoine familial, et donne tout ce qu’il possède à des œuvres caritatives. En religion, Henri Grouès devient frère Philippe. En 1932, il entre au cloître, au couvent de Crest où il passe sept années d'austérité religieuse.

    Il est ordonné prêtre le 24 août 1938. En avril 1939, il devient vicaire à la Basilique Saint-Joseph de Grenoble.

    Seconde Guerre mondiale

    Il est mobilisé comme sous-officier dans le régiment du train des équipages, en décembre 1939, au début de la Seconde Guerre mondiale.

    Selon sa biographie officielle, il aide des juifs pourchassés par les nazis au lendemain de la rafle du Vel’ d’Hiv et d’une rafle similaire à Grenoble en zone libre : « En juillet 1942, deux juifs pourchassés lui demandent de l’aide. Il découvre alors les persécutions et s’engage immédiatement, apprend à faire les faux papiers. Dès août 1942, il commence à faire passer des juifs en Suisse. »

    La même année, il fait passer en Suisse le plus jeune frère du général de Gaulle, Jacques, ainsi que son épouse. Il participe à la création de maquis dont il est un des leaders dans le massif du Vercors et le massif de la Chartreuse.

    Il aide les réfractaires au Service du travail obligatoire (STO). Il prend le nom d’Abbé Pierre dans la clandestinité. En 1944, il est arrêté par l’armée allemande à Cambo-les-Bains, dans les Pyrénées-Atlantiques, mais est relâché et passe en Espagne puis rejoint via Gibraltar le général de Gaulle à Alger en Algérie française. Il devient aumônier de la Marine sur le Jean Bart à Casablanca (Maroc) et devient une figure importante de la Résistance.

    Ses actions dans la résistance lui valent la Croix de guerre avec palme à la libération. De son expérience passée et des drames dont il a été témoin, il doit, comme bien d’autres résistants de tout bord qui l’ont côtoyé, son engagement politique pour restaurer une société digne fondée sur les droits humains fondamentaux, mais aussi sa profonde détermination à agir pour des causes qu’il croit justes, y compris parfois dans l’illégalité, et à mobiliser autour de lui pour faire changer les lois établies et les regards indifférents.

    Carrière politique

    Après la guerre, sur les conseils de l’entourage de De Gaulle, et l’approbation de l’archevêque de Paris, il est élu député de Meurthe-et-Moselle aux deux assemblées nationales constituantes (1945-1946), comme indépendant apparenté au Mouvement républicain populaire (MRP) de résistants démocrates-chrétiens, puis à l’Assemblée nationale de 1946 à 1951, où il siège d’abord sein du groupe MRP.

    En 1947, il est vice-président de la Confédération mondiale, mouvement fédéraliste universel (mondialisation démocratique). Avec Albert Camus et André Gide, il fonde le comité de soutien à Garry Davis, citoyen du monde, qui s’oppose à la remontée rapide des égoïsmes nationaux et déchire son passeport devant l’ambassade américaine.

    Il se désolidarise du parti politique après « l’incident sanglant » de Brest d’avril 1950, ayant provoqué la mort de l’ouvrier Édouard Mazé. Dans sa lettre de démission du 28 avril 1950, Pourquoi je quitte le MRP, il dénonce les positions politiques et sociales du Mouvement. Il rejoint ensuite la Ligue de la jeune République, mouvement chrétien socialiste. Mais, il ne se représentera plus à l’Assemblée à la fin de son mandat : sa courte carrière politique se termine en 1951 et l’Abbé Pierre retourne à sa vocation première de prêtre-aumônier et s’investit, avec sa petite rente d’ex-député, dans ses actions caritatives.

    Fondation d’Emmaüs

    Il fonde en 1949 l’association des Compagnons d'Emmaüs (en référence à Emmaüs, village de Palestine apparaissant dans un épisode du dernier chapitre de l'Évangile selon Luc) d’aide aux déshérités, particulièrement aux sans-abris. Il commence ainsi dès 1950 par fonder la communauté d’Emmaüs Neuilly-Plaisance.

    Les communautés Emmaüs se financent par la vente de matériels et d’objets de récupération et construisent des logements.

    En 1952, il participera au jeu « Quitte ou double » sur Radio-Luxembourg pour alimenter financièrement son combat, où il gagnera 256 000 francs de l'époque.

    Hiver 1954

    L’abbé Pierre acquiert sa notoriété à partir du très froid hiver de 1954, meurtrier pour les sans-abri pour une « insurrection de la bonté ». « Il y a cinquante ans, tous sortaient à peine des atrocités de la guerre. Tous avaient dû fuir, chacun se sentait proche des réfugiés. Les gens se rappelaient la souffrance et la peur. Ils étaient davantage prêts à réagir. Mais on ne renouvelle pas des faits historiques comme celui-là. »

    Il lance le 1er février 1954 un appel mémorable sur les antennes de Radio-Luxembourg (future RTL) , qui deviendra célèbre sous le nom d'Appel de l'Abbé Pierre.

    Le lendemain, la presse titra sur « l’insurrection de la bonté ». L’appel rapportera 500 millions de francs en dons (dont 2 millions par Charlie Chaplin)[3], une somme énorme pour l’époque et complètement inattendue, des appels et courriers qui submergèrent complètement le standard téléphonique de la radio, et des dons en nature d’un volume si immense qu’il fallut des semaines pour simplement les trier, les répartir et trouver des dépôts pour les stocker convenablement un peu partout en France.

    L’appel de 1954 attira des bénévoles volontaires de toute la France pour aider d’abord à la redistribution, mais aussi fonder les premiers groupes se réclamant de cet appel. Rapidement, il dut organiser cet élan inespéré de générosité, et le 23 mars il fonde les Compagnons d’Emmaüs, communauté de chiffonniers qui construisent des logements pour les sans-abri, et les accueillent en leur procurant non seulement toit et couvert en situation d’urgence mais aussi un travail digne. Nombre de compagnons d’Emmaüs seront ainsi d’anciens sans-abri, de tous âges, genres et origines sociales, sauvés de la déchéance sociale ou parfois d’une mort certaine et rétablis dans leurs droits fondamentaux, par les communautés issues de cet élan de générosité à qui ils retournent leurs remerciements par leur propre engagement caritatif.

    Le combat de l’Abbé Pierre a aussi permis l’adoption d’une loi interdisant l’expulsion de locataires pendant la période hivernale.

    Image publique

    L’image du grand barbu en soutane, en grosse pèlerine et godillots que lui a un jour offert un sapeur-pompier forge vite son statut de « héros légendaire », de « juste » (selon son testament évoqué par ses compagnons de la Communauté d’Emmaüs, cette pèlerine emblématique reviendra au Musée des pompiers de Paris).

    Après l’appel de 1954 et la sortie du film Les Chiffonniers d’Emmaüs consacré à l’abbé Pierre, Roland Barthes a analysé en 1957, son visage, « qui présente clairement tous les signes de l’apostolat : le regard bon, la coupe franciscaine, la barbe missionnaire, tout cela complété par la canadienne du prêtre-ouvrier et la canne du pèlerin. Ainsi sont réunis les chiffres de la légende et ceux de la modernité. »[4] Sa coupe, « équilibre neutre entre le cheveu court [..] et le cheveu négligé » approche selon le sémiologue l’intemporalité de la sainteté, et l’identifie à saint François d’Assise. La barbe, celle du capucin et du missionnaire, symbolise quant à elle la pauvreté et la vocation apostolique, comme pour le père de Foucauld. Ce visage évoque donc à la fois la spiritualité de l’homme, le combat de son sacerdoce, et sa liberté vis-à-vis de sa hiérarchie. Pour Pierre Bourdieu, l’abbé est même un prophète, « surgi[ssant] en temps de disette, de crise », « pren[ant] la parole avec véhémence et indignation. »

    Mais, Barthes se demande aussi si « la belle et touchante iconographie de l’abbé Pierre n’est pas l’alibi dont une bonne partie de la nation s’autorise, une fois de plus, pour substituer impunément les signes de la charité à la réalité de la justice. » Cette grande popularité en France ne s’est jamais démentie, les enquêtes d’opinion de la presse le plaçant indétronablement pendant une dizaine d’années (un record inégalé, après avoir succédé au commandant Jacques-Yves Cousteau, à peine éclipsé durant un an par une seconde place temporaire imputée à l’affaire Garaudy) en tête des personnalités préférées des Français, comme celles du Journal du Dimanche publiées plusieurs fois par an, jusqu’à ce qu’il demande à en être retiré en début 2004. « C’est à la fois une arme et une croix », dit-il, pour laisser la place des honneurs aux plus jeunes.

    L’abbé Pierre s’est toujours appuyé sur son image grâce aux médias, depuis son appel sur Radio-Luxembourg en 1954, jusqu’à sa présence à l’Assemblée nationale en janvier 2006, en faveur de la loi SRU sur le logement social. Selon Bernard Kouchner, fondateur de Médecins du monde, il est ainsi l’inventeur de la loi du tapage médiatique.

    Encore ces dernières années, malgré la maladie et l’âge, il est descendu dans la rue pour soutenir la cause des pauvres. Il a soutenu l’association Droit au logement (DAL). Un dernier combat qui fait encore l’actualité politique en pleine campagne présidentielle 2007, où les candidats se pressent pour défendre une future loi sur le logement opposable poussée par l’action médiatique d’associations de sans-logis, un texte qu’ils veulent maintenant nommer « loi Abbé Pierre, » comme avant lui son ami Coluche à qui on a attribué la loi sur les dons aux œuvres caritatives, une autre icône populaire et médiatique et pourtant si humaine de la fin du XXe siècle restée dans le cœur des Français, et que l’Abbé Pierre avait soutenu avant de devoir, lui le vieil homme, lui succéder dans son combat inachevé pour les « exclus du partage. »

    Rencontres et actions internationales

    L’abbé Pierre a rencontré au cours de sa vie les papes Pie XI, Pie XII, Jean XXIII et à plusieurs reprises Jean-Paul II ; trop fatigué pour voyager il n’a pas pu rencontrer directement le nouveau pape Benoît XVI, mais il a noué des contacts épistolaires.

    Bien qu’ayant souvent critiqué les positions de l’Église et tenu des propos parfois interprétés comme anticléricaux, l’Abbé Pierre ne s’est jamais placé contre l’Église et tenait plus que tous à sa mission pastorale mais non prosélyte ; il respectait sa hiérarchie, à laquelle il reprochait seulement mais ouvertement d’user de trop de faste, et il a conservé sa liberté de ton et d’action ainsi que sa franchise même sur les sujets réputés dérangeants.

    Refusant toute montée en responsabilité au sein de l’Église pour pouvoir se consacrer à ses missions au plus près du peuple, il a su cependant rencontrer les plus grands, et il a rencontré des membres éminents de la communauté scientifique, politique ou religieuse internationale notamment :

    Sa mort

    L’abbé Pierre meurt le lundi 22 janvier 2007, tôt le matin (5 h 25 heure locale), à l’hôpital du Val-de-Grâce à Paris, des suites d’une infection du poumon droit consécutive à une bronchite. Il était âgé de 94 ans.

    Il affirmait : « J’ai passé ma vie à prier Dieu pour mourir jeune ». Et il ajoutait : « Vous voyez, c’est raté ! ».

    Les réactions en France sont rapides.

    Le jour de sa mort, le président de la République française Jacques Chirac a salué la mémoire de l’abbé Pierre et a estimé qu’avec sa disparition « c’est la France entière qui est touchée au cœur ».

    « Au mouvement Emmaüs et à la Fondation Abbé Pierre, à tous ses militants et bénévoles, le Président de la République fait part de sa grande peine et l’expression de toute sa solidarité ».

    L’ensemble de la classe politique française reconnaît le travail réalisé par l’abbé Pierre, notamment Dominique de Villepin, Premier ministre qui saluait « l’homme de cœur et d’engagement ». Dans un communiqué publié par Matignon, le Premier Ministre souligne que « l’abbé Pierre a été, toute sa vie durant, une force d’indignation capable de faire bouger les cœurs et les consciences » : « Défenseur du droit au logement, fondateur des communautés d’Emmaüs, il s’est consacré sans relâche à aider les plus pauvres à tracer leur chemin. L’abbé Pierre nous a montré la voie de la générosité individuelle et collective. Il manquera à tous les Français », conclut Dominique de Villepin.

    De tous bords, les politiques ne tarissent d’éloges pour l’abbé Pierre. Ainsi, par exemple, Ségolène Royal — candidate socialiste à l’élection présidentielle française 2007, déclare-t-elle au micro de la radio RTL que « Le long cri de colère de l’abbé Pierre contre la pauvreté ne doit pas s’éteindre », tandis que Nicolas Sarkozy, candidat UMP à la même élection déclarait, lui, dans un communiqué, que « avec la disparition de l’Abbé Pierre, le cœur de la France est en berne ».

    De très nombreuses associations et fondations françaises ou internationales qui ont milité avec l’Abbé Pierre dans des causes communes en faveur des plus démunis lui rendent le jour même un vibrant hommage par des communiqués officiels (sauf la LICRA qui ne lui a accordé aucun pardon malgré sa sincère repentance envers ceux qu’il aurait maladroitement blessé).

    L’ancien président de la République Valéry Giscard d'Estaing a demandé que soient célébrées « des obsèques nationales » en l’honneur de l’abbé Pierre. La présidence de la République s’est prononcée le jour de sa mort pour savoir si un « hommage national » ou un « deuil national » (la plus haute distinction funéraire française) serait rendu. Conformément aux souhaits de la Fondation Abbé Pierre et la famille qui semblait s’opposer à la seconde option, c’est la première option qui a été choisie (réservée tout de même à des personnalités exceptionnelles telles avant lui, Jean-Paul II et le Commandant Cousteau), plus conforme au testament de l’abbé qui préférait que tout l’argent serve plutôt à la collecte au profit des œuvres de sa Fondation, à laquelle il a donné tout au long de sa vie l’ensemble de ses droits ainsi que les dons personnels faits à son nom.

    Une chapelle ardente a été ouverte à tous, les mercredi 24 janvier et jeudi 25, toute la journée, à l’hôpital du Val-de-Grâce à Paris, où son cercueil simplement surmonté de sa canne et son bérêt fut exposé aux remerciements du public ; un hommage populaire à l’abbé Pierre a eu lieu le jeudi 25 janvier au Palais Omnisports de Paris-Bercy, de 19 à 23 heures. Par ailleurs, des livres d’or collectent les hommages populaires à Paris, Metz et dans plusieurs communautés Emmaüs du Sud de la France ; face aux demandes, d’autres communautés Emmaüs en France ou dans le monde recueillent aussi les hommages du public.

    Ses obsèques

    Suite à la demande de la famille, les drapeaux français n'ont pas été mis en berne lors de l’hommage national. Les obsèques se sont déroulées le vendredi 26 janvier à 11 heures, dans la cathédrale Notre-Dame de Paris. Diverses personnalités de tout bords se sont jointes à la cérémonie, placées derrière Jacques Chirac, de nombreux compagnons d’Emmaüs et la famille : Valéry Giscard d'Estaing, Dominique de Villepin, de nombreux ministres français, des artistes... ainsi qu’une immense foule anonyme. Fait rare en France, le cortège funéraire a été applaudi par le public, ainsi que dans la cathédrale.

    Durant la cérémonie les représentants officiels de différentes religions étaient présents et lui ont remis symboliquement des cadeaux placés sur son cercueil, posé à même le sol. Exception notable: l'absence de tout représentant autorisé des institutions juives.

    Son cercueil a ensuite été transféré vers sa communauté d’Esteville en Seine-Maritime, où l’Abbé Pierre a été inhumé dans la plus stricte intimité.

    Plusieurs personnalités politiques se prononcent déjà pour le transfert de sa tombe au Panthéon, en dépit de ce que voulait l’abbé dans son livre-testament et ses déclarations, conscient de son immense popularité et des responsabilités que lui imposait cette confiance, confiance qu’il portait à la fois « comme une arme », capable de soulever une population tout entière pour le soutenir, « et une croix » très lourde à porter et qui ne lui épargnerait rien.

    Distinctions et hommages [modifier]

    • Croix de guerre 1939-1945 avec palmes.
    • Médaille de la Résistance.
    • Médaille d’or Albert Schweizer de la Fondation Goethe (à Bâle, Suisse) en 1975, remise par René Lenoir, secrétaire d’État français.
    • Commandeur de la Légion d’honneur en 1987 pour son action pour le logement des défavorisés.
    • 1991, Italie : remise du Premier Prix de la Fondation Balzan pour l’Humanité, la paix et la fraternité des peuples, pour son combat pour les droits de l’homme, la démocratie, la paix, pour la lutte contre les souffrances spirituelles et physiques, et pour la solidarité universelle au travers des communautés Emmaüs.
    • Il est promu Grand officier de la Légion d’honneur en 1992 mais il refuse de la porter jusqu’en 2001 pour protester contre le refus de l’État français d’attribuer des logements vides à des SDF. La question est encore d’actualité aujourd’hui dans la campagne présidentielle 2007 (dont la future loi sur le droit au logement opposable devrait porter son nom, comme avant lui pour Coluche dont il a soutenu la cause avant de célébrer ses obsèques et à qui sera attribué la loi sur les dons aux œuvres caritatives).
    • En janvier 2004, il demande à ne plus figurer dans le palmarès de la presse des personnalités les plus aimées des Français, après de nombreuses années successives où il a été promu dix-sept fois en tête du Top 50 entre 1989 et 2003, afin de « laisser cette place aux jeunes. »
    • 14 juillet 2004 : élevé à la dignité de grand-croix de la Légion d’honneur par le président de la République, la plus haute distinction officielle française
    • Plusieurs décorations étrangères, dont celles de Grand officier de l’Ordre national du Québec lors de la visite officielle à Paris du premier ministre de la province du Québec Jacques Parizeau en janvier 1995.
    • Une école à son nom a été baptisée à Nueil-les-Aubiers (Deux-Sèvres) en 1993 et à Hédé en Ille-et-Vilaine le 17 septembre 2005.
    • 26 janvier 2007 : hommage national de la République française, avec la présence officielle du gouvernement aux obsèques.

     


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    Les Vers d'Or des Pythagoriciens                 



    PREPARATION


    Rends aux Dieux immortels le culte consacré;
    Garde ensuite ta foi : Révère la mémoire
    Des Héros bienfaiteurs, des Esprits demi-Dieux.


    PURIFICATION


    Sois bon fils, frère juste, époux tendre et bon père,
    Choisis pour ton ami, l’ami de la vertu ;
    Cède à ses doux conseils, instruis-toi par sa vie,
    Et pour un tort léger ne le quitte jamais ;
    Si tu le peux du moins : car une loi sévère
    Attache la Puissance à la Nécessité.
    Il t’est donné pourtant de combattre et de vaincre
    Tes folles passions: apprends à les dompter.
    Sois sobre, actif et chaste; évite la colère.
    En public, en secret ne te permets jamais
    Rien de mal; et surtout respecte-toi toi-même.

    Ne parle et n’agis point sans avoir réfléchi.
    Sois juste. Souviens-toi qu’un pouvoir invincible
    Ordonne de mourir; que les biens, les honneurs
    Facilement acquis, sont faciles à perdre.
    Et quant aux maux qu’entraîne avec soi le Destin,
    Juge-les ce qu’ils sont: supporte-les; et tâche,
    Autant que tu pourras, d’en adoucir les traits :
    Les Dieux, aux plus cruels, n’ont pas livré les sages.

    Comme la Vérité, l’Erreur a ses amants :
    Le philosophe approuve, ou blâme avec prudence ;
    Et si l’Erreur triomphe, il s’éloigne, il attend.
    Ecoute, et grave bien en ton coeur mes paroles :
    Ferme l’oeil et l’oreille à la prévention ;
    Crains l’exemple d’autrui; pense d’après toi-même :
    Consulte, délibère, et choisis librement.
    Laisse les fous agir et sans but et sans cause.
    Tu dois dans le présent, contempler l’avenir.

    Ce que tu ne sais pas, ne prétends pas le faire.
    Instruis-toi : tout s’accorde à la constance, au temps.

    Veille sur ta santé : dispense avec mesure,
    Au corps les aliments, à l’esprit le repos.
    Trop ou trop peu de soins sont à fuir ; car l’envie,
    A l’un et l’autre excès, s’attache également.
    Le luxe et l’avarice ont des suites semblables.
    Il faut choisir en tout, un milieu juste et bon.


    PERFECTION


    Que jamais le sommeil ne ferme ta paupière,
    Sans t’être demandé : Qu’ai-je omis ? Qu’ai-je fait ?
    Si c’est mal, abstiens-toi; si c’est bien, persévère.
    Médite mes conseils; aime-les; suis-les tous :
    Aux divines vertus ils sauront te conduire.
    J’en jure par celui qui grava dans nos coeurs,
    La Tétrade sacrée, immense et pur symbole,
    Source de la Nature et modèle des Dieux.
    Mais qu’avant tout, ton âme, à son devoir fidèle,
    Invoque avec ferveur ces Dieux, dont les secours
    Peuvent seuls achever tes oeuvres commencées.
    Instruit par eux, alors rien ne t’abusera :
    Des êtres différents tu sonderas l’essence ;
    Tu connaîtras de Tout le principe et la fin.
    Tu sauras, si le Ciel le veut, que la Nature,
    Semblable en toute chose, est la même en tout lieu :
    En sorte qu’éclairé sur tes droits véritables,
    Ton coeur de vains désirs, ne se repaîtra plus.
    Tu verras que les maux qui dévorent les hommes,
    Sont le fruit de leur choix; et que ces malheureux
    Cherchent loin d’eux les biens dont ils portent la source.
    Peu savent être heureux: jouets des passions,
    Tour à tour ballottés par des vagues contraires,
    Sur une mer sans rive, ils roulent aveuglés,
    Sans pouvoir résister ni céder à l’orage.

    Dieu ! vous les sauveriez en dessillant leurs yeux...
    Mais non : c’est aux humains, dont la race est divine,
    A discerner l’Erreur, à voir la Vérité.
    La Nature les sert. Toi qui l’as pénétrée,
    Homme sage, homme heureux, respire dans le port.
    Mais observe mes lois, en t’abstenant des choses
    Que ton âme doit craindre, en les distinguant bien ;
    En laissant sur ton corps régner l’intelligence,
    Afin que, t’élevant dans l’Ether radieux,
    Au sein des Immortels, tu sois un Dieu toi-même !



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